Je ne sais pas sur quoi écrire

Je ne sais pas sur quoi écrire, ça m’énerve parce que j’ai l’impression de gâcher mon temps et perdre le NaNo. Je ne sais pas sur quoi écrire. Je n’arrive plus à inventer de nouvelles histoires. Je suis peut-être trop fatiguée. Je ressasse, je tourne en rond dans ma tête. J’ai vraiment envie d’écrire mais je ne trouve rien sur quoi écrire. C’est un sentiment horrible de ne pas savoir quoi écrire. Écrire, écrire, écrire. Si seulement j’y arrivais encore. J’ai l’impression que je n’y arriverai plus jamais. J’aimerais écrire beaucoup plus. Je n’ai pas d’idée. Je n’ai plus d’idée. J’écris beaucoup sans idée à mes amis, à internet. Mais j’aimerais écrire autrement. Ça m’ennuie au plus haut point de ne pas savoir quoi écrire. Je ne sais pas pourquoi ça me touche autant.

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Je crois que ça va.

Je crois que ça va, je me lève et je m’occupe à peu près. Je m’ennuie toujours beaucoup, mais plus parce que j’ai trop d’énergie et d’envie de faire des choses. Que faire ? Je ne suis pas habituée à faire des choses. Pas autant. Je me lève et je m’occupe. À peu près. J’essaye de créer. J’aime créer, ça me manquait énormément. J’essaye d’écrire, j’essaye de réfléchir. J’arrive à penser et à réfléchir sans me sentir perdue dans mon absence de concentration. Je reste peu concentrée malgré tout, mais j’arrive à réfléchir. J’ai commencé à penser à ma thèse. J’en ai l’envie. À peu près. J’avais oublié comme il était difficile de réfléchir et de penser. Ça me manquait.
Je crois que ça va, je suis fonctionnelle. À peu près.

 

 

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Quelques fois seule.

J’ai peur. J’ai peur des gens. J’ai peur de vivre. J’ai peur de mourir. J’ai peur d’être seule entourée de gens. J’ai peur de me perdre. J’ai peur de ne pas savoir quoi faire. J’ai peur de survivre. J’ai peur d’être abandonnée. J’ai peur d’abandonner celleux que j’aime. J’ai peur d’aimer des gens. J’ai peur de les haïr. J’ai peur d’être aimée. J’ai peur d’être détestée. J’ai peur de faire ce que j’aime. J’ai peur d’être forcée à faire ce que je n’aime pas faire. J’ai peur d’écrire. J’ai peur de mon corps. J’ai peur que mon corps ne suive pas mon esprit. J’ai peur de mon esprit. J’ai peur de ne plus réussir à penser. J’ai peur de ne pas réussir à m’arrêter de penser. J’ai peur de la vie. J’ai peur de comprendre le monde. J’ai peur du monde. J’ai peur de ne plus réussir à voir. J’ai peur d’écrire. J’ai peur de ne plus réussir à faire les choses. J’ai peur du vide. J’ai peur du désordre. J’ai peur de l’ordre. J’ai peur d’être loin de chez moi. J’ai peur d’être chez moi. J’ai peur de disparaître. J’ai peur qu’on ne me voit pas. J’ai peur qu’on me voit. J’ai peur d’oublier. J’ai peur de ne pas me souvenir. J’ai peur de la douleur. J’ai peur de ne plus rien ressentir.

J’aimerais bien qu’on me laisse tranquille à essayer de ne plus survivre pour enfin réussir à vivre une vie qui me plait. Laissez moi survivre comme je l’entends, je n’ai pas besoin qu’on me donne des conseils pour vivre ma vie. C’est déjà suffisamment compliqué de vivre dans ce monde incompréhensible et effrayant. Tout va trop vite, tout fait trop de bruit. Je veux juste marcher lentement en échappant au brouhaha, quelques fois seule, quelques fois accompagnée. Tranquillement.

Je n’ai pas envie de comprendre ce monde, il est trop bruyant, trop terrifiant. Je n’ai pas envie d’en faire partie, je suis bien dans mon monde à moi. Tranquillement. Quelques fois seule, quelques fois accompagnée.

Laissez moi tranquille, je me gère aussi bien que possible. Je survis avec moi même depuis assez longtemps, je sais ce que je fais. Arrêtez de faire semblant d’en avoir quelque chose à faire en me disant quoi faire. C’est déjà suffisamment compliqué comme ça de survivre et de s’occuper de soi.

Laissez moi survivre. Ca va, je gère.

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La plénitude.

Il fait encore nuit. L’extérieur est calme. Pas de mouche aux fenêtres. Je suis seul, lové dans mon fauteuil. J’aime beaucoup ce fauteuil. Je baille. Il est encore tôt, j’en suis sûr. Elle dort encore, étalée dans son lit. J’aime beaucoup ce lit. Soudain, une odeur. Troublante. Mais oui, j’en suis sûr. Mon estomac se serre. Cette odeur. Cela faisait si longtemps. Je pensais ne plus jamais la sentir. Elles me manquent tellement, je ne m’en étais pas rendu compte. Je regrette néanmoins l’absence de leur chant, mélodieux, qui me donnait toujours des frissons jusque dans le bout de la colonne vertébrale. Oh ! Il faut que je les rejoigne. Il faut.
Je me lève, vite. M’étire rapidement pour effacer tout reste de sommeil dans mon corps. Ah ! Vous me manquiez tant mes chéries ! Je m’approche, je les sens de plus en plus forte. Je ne peux plus rien contrôler. Il me les faut. Maintenant.
Ah ! Elles sont là. Belles. Presque rangées et assorties. Elles me regardent avec amour. Je le sais. Je fond en elles. Ah ! Si peu. Vous êtes si peu. Où êtes vous passées ? Ah ! Revenez !
Panique.
Elles ont pratiquement toutes disparues. Pourquoi m’avez-vous quitté ? Je suis si triste. Mon estomac est noué. Je souffre.
Il me faut aller la voir. La réveiller. Lui expliquer mon désarrois. Elles sont parties. Ma vie est fade. Je pleure devant les quelques restantes. Et elles pleurent avec moi. Réveille-toi ! Aide-moi ! Sauve-moi ! Je l’appelle.
Elle ne répond pas. Grogne tout au plus. Je l’appelle encore. Pas de bruit.
Il est à coté d’elles. Il m’observe. Je suis certain qu’il les a cacher. Je lui demande, mais il ne répond pas. Il ne répond jamais. Je l’attaque, saute en son sein, et tente de regarder à l’intérieur. Il vacille. Ses cris résonnent sur le carrelage. Il se répand un peu sur moi et le sol, mais n’explique aucune des disparitions. Au loin, je l’entends, elle. Elle bouge, je crois. Je l’attends. Elle saura m’aider. Elle le fait toujours. Puis, impatient, je décide finalement d’aller à sa rencontre. Il serait dommage de la manquer. Je m’approche de son lit. Elle s’assoit et me regarde. Souffle. Elle semble apaisée. Grogne. J’attends. Je pose ma tête contre elle. Souffle. Puis elle bouge. La couette, ma douce amie, vole à l’autre bout du lit. Elle pose les pieds au sol. Grogne. D’un pas lourd et gracieux, elle se dirige vers elles. Je lui montre le chemin tout de même. Elle les regarde. Et jette un regard vers moi sans rien dire. J’aime lorsqu’elle me regarde et qu’elle. Grogne. Elle a compris, je crois. Ah ! Elle sait. Elle connait leur repère. Sa main pousse la poignée de la porte de la cuisine. Ah ! Elle s’approche de leur repère. Je le sens. Mon estomac frétille de bonheur. Sa main plonge. Ah ! Elles sont là ! Oh ! Mes chéries ! Elle s’approche de leur place habituelle, délaissée et les verse. Oh ! Cette odeur !
Oh !
Je m’en vais les voir. Leur dire tout ce que j’ai sur le coeur. Je gémis de bonheur tout en communiant avec elles. Elle s’en retourne dans son lit, après m’avoir tapé fraternellement le dos. Je l’aime tellement quand elle me sauve et me rapporte mes chéries. Un nouveau gémissement de plaisir s’échappe de moi.
La plénitude.Albert von Schrenk-Notzing1

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Anamnèse

« La seule chose dont je me souviens, dit elle, c’est de ne pas oublier »

memento

 

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