Je ne savais pas m’énerver correctement.

 J’avais commencé à écrire parce que je ne savais pas m’énerver correctement. Comme tous les enfants j’ai dû piquer ma crise quelques fois sans que je ne m’en souvienne. Ou peut-être que j’étais passablement sage, déjà enfant. Je n’ai jamais eu le goût du risque.

Je ne savais pas m’énerver. Depuis j’ai trouvé comment faire mais le résultat reste tout de même extrêmement navrant.

Je ne savais pas m’énerver alors j’ai décidé de mettre sur le papier mes énervements, au lieu de les lâcher dans l’air sans aucune contenance. Les mots cette première fois, sont sortis tous seuls, sans moi. J’ai mis très longtemps à relire ce texte et encore plus à le faire lire. Puis peu à peu j’ai compris que personne ne lisait vraiment, ne comprenait vraiment ce que j’avais écrit, alors j’ai commencé à ne plus le trouver dérangeant du moins à ne plus être dérangée de le faire lire. Les quelques personnes très proches qui l’ont lu ont reconnu des évènements marquants de ma vie, les autres, plus nombreux n’y ont vu que des élucubrations diverses et bizarres de ma part, me complimentant sur mon écriture particulière et magnifiquement bien maniée. Je ne trouve rien de plus insolent que ce genre de remarques. Je ne cherche pas de style d’écriture particulier, ma façon d’écrire ne m’intéresse pas le moins du monde. Personne ne se rend compte que je n’écris que comme je parle ou pense, ce qui revient vraiment au même.

On m’a demandé de comprendre ce que j’écrivais mais est-ce seulement possible ? Premièrement parce que je ne suis pas sûre de l’intérêt de la chose (et je ne fais qu’exclusivement des choses qui provoquent de l’intérêt vif chez moi, le reste n’étant rien de plus qu’une perte de temps.) Deuxièmement, j’aimerai bien que l’on m’explique comment l’on peut comprendre ce qui sort de ses pensées, sans transformation, comment comprendre des mots sortis « comme ça », sans y penser vraiment. Si jamais c’est une chose possible, quel intérêt ?

[14-11-11]

Ω

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Les mots sont froids et difficiles.

Parfois je me force à écrire parce que je n’arrive pas à commencer une phrase. Les mots sont froids et difficiles. Parfois encore je les attends venir des heures durant. C’est un peu comme attendre une amie en sachant pertinemment qu’elle ne viendra pas. Les mots sont comme nos amis, ils nous déçoivent mais on leur reste malgré tout fidèle. C’est ce jeu de déceptions constantes qui donnent un intérêt à l’un comme à l’autre. Alors entre deux déceptions j’attends que les mots viennent.

[24-10-11]

Ω

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Je ne sais plus.

Je ne sais plus écrire.

C’est la plus navrante des constatations que j’ai fait aujourd’hui. Après le fait d’être invisible, mais c’est une autre histoire.

Je ne sais plus écrire. Je ne sais plus dire ce que je pense et ce que je ressens. Ca a toujours été ainsi, depuis le début mais je savais faire semblant d’écrire et vomir mes mots sur le papier numérique. Maintenant je regarde le gris de mon écran et je ne pense même plus aux mots que je veux y inscrire. Je ne sais plus. Ecrire s’oublie ; je ne pensais pas. Je ne pense pas assez je pense. J’ai trop longtemps préféré rêvasser mes vies rêvées, entourée de tout ce dont je souhaite au plus profond de moi ; et de tout ce qui me fait le plus peur, ce qui me hante. Alors je fais semblant de faire semblant. J’étale mon néant sur le gris et je chante comme je peux tout ce qui fait ma vie.

Quelques fois il ne faut qu’une histoire de respect pour écrire son vomi régurgité. Je sais depuis longtemps que je ne suis pas respectée, c’est comme ça. Un jour je comprendrai pourquoi, ou peut être que je changerai ce qui n’est pas respectable chez moi.

(…)

Je sais écrire. Je l’ai toujours su au fond de moi, c’est ce qui fait ma personnalité la plus intéressante, et la plus troublante et dérangeante il paraitrait. J’ai découvert que mes textes pouvaient émouvoir, émouvoir pour de vrai, pas comme les romans un peu tristes où on ne s’identifie pas vraiment aux personnages et qui pourtant ne nous donne pas envie. Il parait que je peux faire pleurer rien qu’en écrivant. Imagine si je parle. Il faudrait que j’essaye un jour de faire pleurer en parlant, ça doit être jouissif. Tellement violent de sortir toutes ces pensées terrifiantes et de les balancer a quelqu’un qui n’a rien demander. Pourtant lorsqu’on me demande je ne sais pas dire toutes ces vérités qui blessent. Un jour j’y arriverai, ou je me noierai dedans, comme je l’ai toujours fait. Demain peut-être que je déverserai toute ma vie devant ses yeux. Peut-être, il ne sera même pas là.

(…)

Et puis je pars. Je me lasse d’attendre une réaction inexistante. Je suis lassée. Je suis bien invisible, même pour lui. Sinon il me regarderai quand je le regarde et que j’attends qu’il me regarde et qu’il me dise quelque chose. Tout le monde me lasse en ce moment. C’est peut être l’absence de moi qui fait ça. Je n’existe plus. Je ne suis plus qu’un regard que personne ne voit ni ne comprend. Un jour j’existerai pour quelqu’un mais ça ne sera ni toi ni tous les autres. Pour l’instant je reste invisible à n’exister que pour mon appareil photo et la musique merveilleuse de l’opéra.

[01-08-11]

Ω

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Vide.

L’écriture comme vomissure de soi. J’écris pour vider mon trop plein sentimental, comme certains qui évacuent en hurlant.

J’écris pour contempler le monde aussi. Parce que le monde se contemple par écrit. Les yeux servent à ne pas voir. Peut-être faut-il les fermer pour pouvoir comprendre ce qu’ils perçoivent. Lorsque j’ai besoin de régurgiter ce trop plein j’écris sans penser. A vrai dire cela n’arrive que trop peu souvent. Je ne décide pas de me trouver dans cet état de volonté vide, de trop plein à rendre.

[07-11-11]

Ω

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Écrire et c’est le vide.

C’est étrange et dérangeant de sentir parfois, une envie si forte qu’elle vous oblige à vous lever. Écrire. Déverser encore et toujours des flots de lettres, de mots sans suite. Fermer les yeux, essayer de faire le vide et sentir encore et encore ces mots, ces paroles dans notre tête, sans jamais les faire partir. Écrire et c’est le vide.

J’ai du mal à écrire, sans raison. Peut être mon jugement sur moi même et mon écriture vient de baisser. Ne pas se comparer aux autres est un bon moyen de se prouver que l’on écrit bien. J’ai forcé cette comparaison, je suis étonnée de ce que j’ai pu trouver, et j’ai du revoir mon jugement à la baisse. J’ai des doutes concernant l’utilité de ce que j’écris. Je sais que j’écris pour moi avant tout, je sais aussi que j’ai horreur de me décevoir. Pourtant je ne me déçois pas, pas si je ne lis pas. Ma logique me dit alors de ne plus lire, jamais, ou alors juste pour faire semblant de m’intéresser. Lire le journal, des bandes dessinées, des lettres. Les lettres. Je me déçois encore une fois. Je ne sais pas écrire sur le moment. Il me faut attendre que les mots viennent. Que ma tête soit pleine à craquer, que je ne puisse plus fermer les yeux sans les voir et les entendre. Il m’est impossible d’écrire à quelqu’un une lettre qui sort de ma tête de cette façon. (…)

[01-05-09]

Ω

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