Le bonheur invisible du néant de ta vie.

Des fois je m’énerve contre moi, trop peu souvent sur les autres. Pourtant je crois qu’ils le mériteraient plus que moi. Mais voilà, je me connais trop, je suis devenue cette amie un peu trop proche de toi, un peu trop semblable à toi qui t’énerve par ses défauts que tu ne reconnais que trop bien chez toi. Alors tu lui fais la remarque tout en sachant que rien n’y fera vu que nous réagissons toujours de la même façon navrante et insensée. Tu cesses de réagir à ses défauts et parfois tu te surprends à les aimer, à te complaire dans tout ça sans savoir pourquoi ni sans que cela ne t’apporte rien d’autre qu’un peu de néant.

Peut-être que c’est ce néant ambiant qui fait que tu aimes te complaire et te baigner dans ces défauts, ces erreurs de comportement qui t’énervent quand tu n’y penses plus. Tu sais malgré tout que tu te noieras dans tout ça un jour et que ce jour tu te rendras comte que tu as toujours été seul, à nager dans le bonheur invisible du néant de ta vie.

[08-09-12]

Ω

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Je n’ai rien à dire.

Je n’ai rien à dire.
Il est deux heures quarante du matin. Mon volet ouvert craque continuellement depuis onze heure du soir. J’ai changé d’arrière plan. J’ai photographié mes vernis tous neufs. Ils brillent sur mes ongles presque insolents. J’ai mangé des canneberges séchés et sucrées parce que je n’ai plus de barbapapa d’anniversaire. J’ai bu un thé au citron avec un peu de sucre dedans. J’ai fait craquer mes poignets plusieurs fois et j’ai haussé des épaules toutes les dix minutes depuis que j’ai commencé à écrire ce soir. J’ai mal au dos, à la nuque, à la tête, aux yeux, à mon mollet et au pieds. Je gratte mes ongles lorsque je n’écris pas. Ou ma tête. Je passe mes mains dans mes cheveux, je trace des chemins invisibles dedans et je les mélange. Je chantonne un peu la musique que j’écoute. Je change de musique toutes les cinq chansons parce que tout ce que j’écoute me lasse trop vite en ce moment. Même ce qui est nouveau. J’ai écouté l’album de Nadeah neuf fois aujourd’hui. Je baille un peu des fois. J’ai la mâchoire qui craque à chaque fois et puis j’ai des larmes dans les yeux qui font bouger mes lentilles. Je bats les mesure de Pretty Enough avec le pied et j’ai mal dans mes vertèbres du bas du dos.
Je m’assure que les mots que j’écris existent en les prononçant. Parce que verterbre n’existe pas encore dans le vocabulaire humain.
Je vérifie que je n’ai raté aucun appel ou message sur mon portable posé à coté de moi et branché à mon ordinateur. Je siffle la musique en faisant légèrement tourner mon siège de bureau tandis que la chanson change. Je me gratte le dos avec ma main gauche et me griffe la peau avec les ongles sans faire attention. Je r’ouvre les petites blessures que mes ongles ont fait en passant les autres fois. J’ai maintenant des traces brunes sur le dos à tous ces endroits là. (…) Maintenant on est loin l’un de l’autre. On se rend invisibles pour l’autre et puis l’un rattrape le bras de l’autre et le tire vers soi, juste le temps de dire qu’on pense à l’autre quelques fois, lorsqu’il neige les lundis d’avril, ou que je ne mange pas le matin tôt. Et quelques autres fois lorsqu’on est trop vide. Il m’a rendu plein de vide. Mais du bon vide, celui qui te tiens au corps quand tu as froid et que tu es triste et seule. Celui qui te rempli le vide pâle et gris. Et quand ça ne suffit plus il faut écrire à s’en perdre le corps dans mes mots et envoyer sans relire (…). Pour savoir. Et puis sentir que son vide se rempli parce que quelque part, un peu loin de moi et des lieux ou nous étions, on pense à moi. (…) Nos vides sont différents. Mais j’aime bien son vide. Tout ça parce que je me gratte le dos ce soir parce que j’ai mal à la nuque. Et c’est toujours mieux que de repenser à l’odeur d’amande du kiné que j’avais avant. Et puis mes yeux se ferment. S’ouvrent. Je soupire. J’ai toujours mal au dos et de plus en plus à la nuque. Je songe à l’arracher à l’aide du couteau à pain. Je remue la tête et repense aux étirements de début de cours d’EPS du collège sur le praticable à ressors de la gymnastique des pyramides humaines. Je masse. J’aimerai que mes nerfs intervertébraux cessent d’exister. Je me demande s’il est possible de tenir sa tête droite sans ces nerfs. Et puis ça n’a pas tant d’importance que cela puisque je sais taoer sans regarder le clavier. Puisque ma seule faute de frappe dans la phrase précédente est le « p » de « taper » qui s’est muté en un « o » insolent. C’est presque reposant pour la tête de ne pas regarder ce que l’on fait. Mais c’est difficile d’être sûre de taper sur les bonnes cases. Ni d’en rater ou d’avoir des doigts lourds qui appuient sur plusieurs en même temps, et je ne parle pas des accents.

Je n’ai rien à dire sur ce que je fais. Je pourrais continuer des heures à écrire tout ce qui passe par ma tête. Il n’y a rien d’autre à en dire.

Je viens de faire craquer ma nuque et ma mâchoire en même temps, c’est une sensation particulière et spéciale. Tout le monde devrait tester ça je pense. Surtout si on a la bouche ouverte à ce moment là. C’est presque intéressant.

[12-11]

Ω

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[Inspirations] Les spirites.

La photographie spirite fit son apparition en Europe au début des années 1870William Mumler (USA) est considéré comme le pionnier de cette discipline, car c’est seulement avec lui que la photographie spirite s‘installa officiellement dans le cadre du spiritisme comme un moyen d’accès à l’occulte. Et c’est presque dix ans plus tard, à la date citée, que cette possibilité de contact avec le monde des esprits fut introduite en Europe.

Bien évidemment, tous ces clichés étaient des montages plus ou moins complexes et bien réalisés. Ils peuvent d’ailleurs faire penser aux clichés de fées et autres lutins qui furent aussi courantes à cette époque, et qui ont même été authentifiées par le très célèbre Sir Arthur Conan Doyle. (L’auteur des Sherlock Holmes, rien que ça)

Frances Griffith et Elsie Wright, Une fée offre un bouquet de jacinthes des bois à Elsie, 1920.

Il existe plusieurs sortes de clichés spiritiques : ceux de fantômes, ceux des fluides et ceux des médiums. Il y a eu beaucoup de photographies faites durant des séances de spiritisme. Les photographes spirites n’étaient pour la plupart pas de simples photographes mais avant tout des scientifiques, qui ont décidés de ce tourner vers cette « science » à succès dans les années 1890-1910.

J’vais pas être plus bavarde et je vais te laisser avec quelques photos. Ce n’est pas que je n’y connais rien, c’est justement que j’ai travaillé dessus en licence et que j’en ai TROP à dire. Si je peux te conseiller un beau livre dessus : Le troisième oeil, la photographie de l’occulte, chez Gallimard. (c’est un collectif d’auteurs.) (T’étonnes pas, il coute un bras.) Ce livre regroupe toutes les informations que tu pourrais avoir envie d’apprendre sur le sujet ; c’est très complet, très bien expliqué et extrêmement bien illustré. Oui je pourrais faire vendeuse de livres je pense.

Ca te plait les fantômes ? 

Schrenck-Notzing, Le médium Stanislawa P. avec un voile ectoplasmique, 1923.

Jacques Henri Lartigue, Zissou en fantôme, Pont-de-l’Arche, 1905

Eugène Thiebault, Photographie du Prestidigitateur Henri Robin et d’un spectre (image publicitaire), 1863.

Anonyme, Dématérialisation partielle du méduim Marguerite Beuttinger, 1920.

Jacob Von Narkiewick-Jodko, Effluves d’une main électrifiée posée sur la plaque photographique, 1896.

Magde Donohoe, Scotographie, 1930.

Anonyme, Le fantôme de Bernadette Soubirou, 1890.

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Je ne savais pas m’énerver correctement.

 J’avais commencé à écrire parce que je ne savais pas m’énerver correctement. Comme tous les enfants j’ai dû piquer ma crise quelques fois sans que je ne m’en souvienne. Ou peut-être que j’étais passablement sage, déjà enfant. Je n’ai jamais eu le goût du risque.

Je ne savais pas m’énerver. Depuis j’ai trouvé comment faire mais le résultat reste tout de même extrêmement navrant.

Je ne savais pas m’énerver alors j’ai décidé de mettre sur le papier mes énervements, au lieu de les lâcher dans l’air sans aucune contenance. Les mots cette première fois, sont sortis tous seuls, sans moi. J’ai mis très longtemps à relire ce texte et encore plus à le faire lire. Puis peu à peu j’ai compris que personne ne lisait vraiment, ne comprenait vraiment ce que j’avais écrit, alors j’ai commencé à ne plus le trouver dérangeant du moins à ne plus être dérangée de le faire lire. Les quelques personnes très proches qui l’ont lu ont reconnu des évènements marquants de ma vie, les autres, plus nombreux n’y ont vu que des élucubrations diverses et bizarres de ma part, me complimentant sur mon écriture particulière et magnifiquement bien maniée. Je ne trouve rien de plus insolent que ce genre de remarques. Je ne cherche pas de style d’écriture particulier, ma façon d’écrire ne m’intéresse pas le moins du monde. Personne ne se rend compte que je n’écris que comme je parle ou pense, ce qui revient vraiment au même.

On m’a demandé de comprendre ce que j’écrivais mais est-ce seulement possible ? Premièrement parce que je ne suis pas sûre de l’intérêt de la chose (et je ne fais qu’exclusivement des choses qui provoquent de l’intérêt vif chez moi, le reste n’étant rien de plus qu’une perte de temps.) Deuxièmement, j’aimerai bien que l’on m’explique comment l’on peut comprendre ce qui sort de ses pensées, sans transformation, comment comprendre des mots sortis « comme ça », sans y penser vraiment. Si jamais c’est une chose possible, quel intérêt ?

[14-11-11]

Ω

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Les mots sont froids et difficiles.

Parfois je me force à écrire parce que je n’arrive pas à commencer une phrase. Les mots sont froids et difficiles. Parfois encore je les attends venir des heures durant. C’est un peu comme attendre une amie en sachant pertinemment qu’elle ne viendra pas. Les mots sont comme nos amis, ils nous déçoivent mais on leur reste malgré tout fidèle. C’est ce jeu de déceptions constantes qui donnent un intérêt à l’un comme à l’autre. Alors entre deux déceptions j’attends que les mots viennent.

[24-10-11]

Ω

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